Aider les orthophonistes à gagner du temps et soigner leurs patients

Faut-il laisser 50 % sur le compte pro ?

La règle des 50 % est un conseil qu’on donne souvent aux orthophonistes libéraux débutants.

Nouvel article rédigé par Guillaume Lefebvre pour Mes Débuts Ortho.

La règle des 50 % est un conseil qu’on donne souvent aux orthophonistes libéraux débutants : « Ne prends que 50 % de tes honoraires pour toi. Le reste va payer le cabinet, l’Urssaf et la Carpimko. Si tu ne fais pas ça, tu seras mal quand tu recevras les régularisations ».

Version alternative, qui veut dire la même chose : « Verse-toi un salaire qui sera la moitié de ta recette ».

A première vue, c’est du bon sens. 

D’ailleurs, si ce n’était pas le cas, ce conseil n’aurait pas tant de succès.

En début de carrière, l’Urssaf et la Carpimko ne savent pas combien vous gagnez mais ils vous taxent quand même. Ils estiment donc votre revenu au doigt mouillé : 19% du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), soit 8 358 € en 2023 (regardez ici si vous me lisez après 2023). 

Il faut bien mettre un chiffre… mais évidemment, c’est beaucoup trop bas pour nous, qui sommes attendus comme le Messie dans la plupart des régions à l’heure actuelle. Il est plus probable d’atteindre d’emblée 30 000 à 50 000 € de bénéfice en année pleine que de plafonner à 8 358. C’est l’un des bonheurs de l’exercice libéral.

Conséquence : quand les taxmen s’aperçoivent de leur sous-estimation flagrante, ils récupèrent leur dû. Ils prennent tout ce qu’ils n’ont pas pris auparavant. C’est ça, une régularisation.

Soit dit en passant, on peut aussi avoir des régularisations dans le bon sens : par exemple après un accouchement ou une maladie qui a fait chuter l’activité. Mais elles augmentent le bénéfice quand elles tombent, donc elles génèrent des régularisations dans le mauvais sens l’année d’après.

Tout ça tangue beaucoup parce que l’Urssaf ajuste la cotisation provisionnelle de l’année en cours, en plus de la régularisation de la cotisation de l’année d’avant. Le régime de base de la Carpimko et le fisc fonctionnent aussi comme ça, ce qui ne fait qu’empirer le tangage.

Prévoir 50 % pour tout le pro permet de se rassurer.

On sait qu’en gros, on aura de quoi payer ce qu’on doit. On laisse sur le compte pro l’argent qui n’est pas vraiment à soi, mais à l’Etat français.
On peut optimiser un peu en se démensualisant et en plaçant l’argent qui n’est pas à soi sur le livret A ou le LDDS, voire sur le livret d’épargne populaire si on y a droit ; puis en le récupérant in extremis, juste avant que l’Urssaf et la Carpimko viennent se servir. Avec la remontée des taux liée à l’inflation, ça a du sens.

Mais alors, pourquoi avoir écrit « à première vue » ?

Parce que si la moitié des honoraires part dans le cabinet, on commence à gagner sa vie le 1er juillet de chaque année. C’est déjà une idée sinistre.

Puis on paie :

  • l’impôt sur le revenu
  • le logement : loyer ou remboursement, factures d’énergie, internet, éventuelle taxe foncière
  • les assurances

Le « reste à vivre« , comme disent les économistes, n’intervient qu’ensuite. En gros, vous travaillez pour ça en novembre et décembre. Ajoutez octobre si vous menez bien votre barque. Et même là-dessus, vous payez encore la TVA, voire l’énorme taxe sur les carburants.

N’oublions pas non plus qu’il y a généralement une partie de ce reste à vivre qui nous sert à épargner comme un adulte responsable…

Que faire quand le bon sens est en fait une idée sinistre ?

Nous exerçons un métier où les dépenses augmentent beaucoup plus vite que les tarifs. Quelques exemples, rien que cette année :

  • +11 % sur le régime invalidité décès de la Carpimko
  • +5 % sur la cotisation forfaitaire du régime complémentaire de la Carpimko, qui se rapproche dangereusement des 2 000 € dans un silence assourdissant
  • +7 % sur les valeurs locatives qui sous-tendent la taxe foncière et la CFE ; sans parler des hausses de pourcentages de taxation des collectivités locales
  •  +7 % sur l’ILAT qui sert à calculer les loyers des baux professionnels

En fait nous travaillons de plus en plus pour les autres.

Si vous admettez la règle des 50 % de dépenses pro, il est clair qu’un jour ce sera 60%. Votre reste à vivre ne sera qu’une peau de chagrin. Comment continuer à travailler avec le sourire, dans ces conditions ?

Il faut donc absolument viser 30 % de dépenses pro.

Même si vous n’atteignez que 35 %, la différence sera significative. Vous ne travaillerez plus pour rien la moitié de l’année.

Bien sûr, c’est plus facile à Marly-Gomont que sur les Champs-Elysées.

Mais de toute manière, comme le martèle Mapie Jaujay dans son podcast, l’exercice de l’orthophonie à Paris n’est plus vraiment rentable. L’AMO est un T-shirt à taille unique. Il offre donc de belles opportunités dans les vastes zones où le marché immobilier est détendu. Tout y est moins cher et on vous subventionne pour y aller : énorme avantage fiscal des ZRR, primes de la sécu, mairies qui pratiquent des loyers faibles… En plus on y vit tellement mieux ! Et si le prix de l’essence vous effraie, passez à l’électrique, dont les prix s’écroulent sur la Centrale. Pur bonheur en perspective.

Mais le déménagement n’est pas la seule manière de viser les 30 %. Je vous renvoie à cet article où j’ai détaillé huit stratégies qui m’ont permis de descendre si bas :
https://orthogestion.blogspot.com/2018/08/orthophonie-comment-passer-de-50-30-de.html

L’idée, c’est de sortir de la rat race.

On peut travailler davantage pour descendre à 30 % de dépenses professionnelles. C’est l’une des stratégies : paradoxalement, travailler davantage, ce n’est pas une entrée dans la rat race. C’est une sortie. Vos charges fixes pèsent de moins en moins. Vous devenez plus rentable, donc vous améliorez votre reste à vivre. 

Vous pouvez même dépasser le seuil du bonheur, au-delà duquel la Carpimko prend 5% au lieu de 13.

Bien sûr, le fisc va chercher à en profiter. Mais vous pouvez défiscaliser. Les niches fiscales ne manquent pas pour les classes moyennes : FIP, SOFICA, SCPI défiscalisantes, FCPI, dispositif IR-PME, PER, déficit foncier… Il est beaucoup plus facile de faire baisser l’impôt sur le revenu que les charges sociales.

Cette stratégie n’est pas forcément facile à appliquer quand on a de jeunes enfants et que le conjoint n’est pas disponible. Mais il y en a d’autres : se former en DPC, s’associer, lutter contre l’absentéisme (certains vont jusqu’au surbooking), fabriquer son matériel de rééducation au lieu de l’acheter…

Il faut aussi s’ôter de la tête l’idée qu’il faut « faire des frais » pour payer moins de taxes. Il faut se tranformer en cost-killer : réduire les frais tant que possible, pour augmenter son bénéfice et donc son reste à vivre ; puis éventuellement défiscaliser, tout en épargnant intelligemment.

Nous travaillons pour les autres : toute notre activité est tournée vers eux. Mais de là à en faire un sacerdoce, il y a une marge.

Travailler pour soi seulement en novembre et en décembre, c’est se faire moine ou nonne. Or, nous ne sommes pas entrés dans les ordres après nos études. Il faut donc tout faire pour ne pas avoir besoin de la règle des 50 % !

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