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50 ans d'orthophonie : c'était mieux avant ?

La nostalgie est un sentiment qui nous touche tous un jour ou l’autre. C’est humain !

Article rédigé et publié par Guillaume Lefebvre pour Mes Débuts Ortho.

La nostalgie est un sentiment qui nous touche tous un jour ou l’autre. C’est humain. Elle nous replonge dans une époque où nous étions jeunes, fringants, pleins d’allant et d’idéaux sur tout un tas de sujets.

De là à prononcer la fameuse phrase réac « c’était mieux avant », il n’a qu’un pas.

Chez nous, les orthophonistes, il est facile de la prononcer puisque beaucoup d’éléments montrent que nous sommes en déclin. Mais faut-il généraliser et sombrer dans la mélancolie ? C’est ce que nous allons voir en examinant ce qui était mieux avant, puis ce qui est mieux maintenant. 

Je baigne dans l’orthophonie depuis 1972, l’année où mon père a obtenu son diplôme. Alors passons ce demi-siècle en revue et voyons si c’était vraiment mieux avant !

Séquence nostalgie : ce qui était mieux avant

  • Dans les années 70, il y avait une forte inflation. Mais l’AMO suivait l’indice des prix. Ce n’était donc pas un problème pour mon père, même si c’en était un pour l’ensemble de l’économie française. Puis il y a eu le tournant de la rigueur et la désindexation en 1983. C’est là où la baisse du pouvoir d’achat a commencé pour les auxiliaires médicaux, contrairement à ce qui se passait globalement dans la population (le Smic a même progressé beaucoup plus vite que l’inflation). Si tout s’était passé comme avant, l’AMO aurait atteint 3,85 € l’an dernier (source : INSEE) :

 

  • Les orthophonistes travaillaient sur leur cœur de métier : langage oral, langage écrit, voix, aphasie. Puis nous avons fait tache d’huile en élargissant notre champ de compétences ad libitum, tout en disant qu’il ne fallait pas d’orthophonistes spécialisés. On nous a demandé de devenir des pieuvres, ou au minium Vishnou. 
  • Dans les années 70-80, les bilans orthophoniques ne ressemblaient pas à une analyse de sang, avec une avalanche de chiffres que le profane peine à comprendre.
  • Personne ne parlait de double prise en charge avec les CMPP, les IME, les SESSAD ou les EHPAD, (mais en même temps pas tous les Ehpad)… La prise en charge concomitante semble avoir été inventée par des fonctionnaires pour faire craquer les professionnels de santé. Ca fait vingt ans que ça dure.
  • La déclaration d’Urssaf et de Carpimko était simplissime.
  • La Carpimko était très raisonnable : encore en 1990, elle ne prenait que 2473 €, quel que soit le revenu. On pouvait cotiser davantage si on avait confiance en elle. Mais c’était un choix. Depuis 1993, il n’y a plus de choix et la dérive est sidérante (cf cet article).
  • Le régime de retraite des praticiens conventionnés, l’un de nos trois régimes, rapportait vraiment quelque chose. C’était un bel avantage conventionnel. Mais depuis son effondrement de 2008, c’est une peau de chagrin ; le souvenir émouvant d’une époque révolue.
  • On pouvait épargner pour préparer son avenir sans subir 17,2 % de prélèvements sociaux : ils n’existaient pas.
  • L’extrapolation des indus n’existait pas non plus. Aujourd’hui, une erreur de votre part peut être globalisée sur l’ensemble de votre activité, parce que la sécu pense que vous faites ça tout le temps. Nouvelle devise de l’Etat et des caisses : margoulin un jour, margoulin toujours.
  • Il y avait des collègues salariées dans les établissements, y compris dans les coins reculés de  Province comme ici.
  • Beaucoup de cabinets n’avaient pas besoin de liste d’attente : les choses étaient fluides. Encore en 1994, quand je me suis installé, je voyais les gens sous deux ou trois semaines. Aujourd’hui, j’en suis à gérer les urgences, la mort dans l’âme.
  • Retraite à 60 ans : possible (avec une pénalité) pour ceux qui n’en pouvaient plus.

Halte à la sinistrose !

Tout ce que je viens d’énumérer est vrai. Mais cela ne doit pas nous empêcher de voir tout ce qui s’est amélioré en 50 ans. Quelques exemples :

  • Aujourd’hui, grâce aux groupes Facebook, nous avons des milliers de collègues prêts à nous aider sur n’importe quel sujet, avec généralement une réponse dans l’heure. D’une manière générale, le savoir mondial se trouve dans notre poche, pour peu que nous parlions anglais. Nous vivons une époque formidable.
  • L’intelligence artificielle peut d’ores et déjà nous servir concrètement dans nos rééducations pour créer des supports verbaux et/ou des images parfaitement adaptées au patient, dans tous les types de pathologie. Elle peut même nous donner des idées d’exercices à proposer. Elle peut résumer des articles écrits en n’importe quelle langue. C’est un assistant extraordinaire qui se nourrit en permanence des fruits de la recherche scientifique (cf Ortho-IA).
  • Nous n’avons plus besoin de réclamer une ordonnance au bout de trente séances, puis vingt. Avant, il fallait même deux ordonnances pour commencer à travailler : une pour le bilan, une pour les séances.
  • Les patients de l’ASE ont une carte Vitale et la C2S. Avant, tous les trois mois, il fallait envoyer un mémorandum avec l’ensemble des séances, puis jouer à Anne ma sœur Anne…
  • Faire tache d’huile a permis à certains orthophonistes d’orienter leur carrière vers des domaines passionnants, inaccessibles auparavant. Et même de devenir formateurs.
  • L’informatique nous a fait gagner du temps : encaissements en trois jours, comptabilité quasiment automatisée, gestion des listes d’attente, gestion des notes aboutissant à un véritable second cerveau (cf OrthoNotes), sites spécialisés comme langageoral.com ou Happyneuron, des milliers de partages répertoriés dans la Table de Claire, etc.
  • Apparition de bons plans inconnus auparavant : comités d’entreprise et chèques vacances notamment.
  • Fin de la quasi-obligation d’adhérer à une AGA.
  • Il n’a jamais été aussi facile d’ouvrir une activité secondaire scalable grâce à internet (cf Contourner le blocage de l’AMO).
  • La loi Madelin de 1994 puis le PER de Bruno Le Maire nous ont permis de déduire une partie de notre épargne.
  • Le crédit d’impôt formation et le DPC nous paient pour aller nous former. Le FIF-PL, lui, nous indemnise partiellement. Et le CPF élargit nos horizons professionnels.
  • A venir en 2026 : une harmonisation de la CSG entre nous et les salariés. Jusqu’alors, nous étions perdants.

Alors était-ce mieux avant, en définitive ?

Chaque orthophoniste peut mettre un coefficient sur les différents points que je viens de citer, en fonction de ses convictions et de ses goûts. Votre conclusion finale ne sera donc pas forcément la mienne.

Certains mettent le coefficient maximal sur l’AMO décroché, occultant toute autre considération et nous poussant vers la nostalgie. C’est compréhensible : nous travaillons pour gagner notre vie, mais nous la gagnons de moins en moins bien ; d’autant que la Carpimko se charge de nous lester un peu plus chaque année. Il n’existe aucune raison d’espérer un retournement de tendance. Et un passage à la rémunération au forfait serait encore pire.

En même temps, à quoi sert-il de broyer du noir ?

Le passé est comme une excellente pizza faite maison, mais oubliée au fond du frigo pendant un mois. Une denrée avariée dont on ne peut plus rien faire. Même si nous parons le passé de l’orthophonie de ses plus beaux atours en oubliant ce qu’il comportait de négatif, c’est en fait un décor gris, envahi par les spores de l’oubli.

Un petit livre m’a convaincu d’arrêter de regarder le passé avec les yeux de Chimène, qu’il s’agisse d’orthophonie ou pas. Je vous le recommande chaudement :

Michel Serres y rappelle que le passé est rempli de guerres, de massacres, de famines et d’injustices criantes (notamment celles faites aux femmes). Il fait son travail de philosophe en donnant de nombreux exemples pour contrer l’idée du « c’était mieux avant ».

Autre penseur, dans un tout autre genre : Steve Jobs n’accordait aucun intérêt aux anciens Macintosh. Il était exclusivement focalisé sur le présent et surtout l’avenir. 

Profitons de notre époque et de toutes les opportunités qu’elle offre. L’orthophonie est un métier passionnant en perpétuelle évolution. Nous pouvons encore l’exercer confortablement dans beaucoup de zones de Province. Et c’est justement là où la vie est plus agréable !

Et même si au final, notre rémunération continue à décliner grâce aux bons soins de l’Etat et de la Carpimko, il sera beaucoup plus facile de changer de métier (ou de pays) qu’au début des années 70. Le groupe Orthophonie et reconversions en fournit de nombreuses illustrations.

Refusons donc de dire que c’était mieux avant : c’est avant tout une question d’état d’esprit et de capacité d’adaptation.

Ce refus permet de se concentrer sur l’avenir. Un avenir commun si nous en avons un, ou sinon un avenir individuel ailleurs. Et surtout, savourons tout ce que notre époque permet. La nostalgie nous empêcherait de savourer ces bienfaits à leur juste valeur !

 

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