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Les Troubles Spécifiques du Langage et des Apprentissages (TSLA) en orthophonie

8 août 2025

Les Troubles Spécifiques du Langage et des Apprentissages (TSLA), couramment appelés troubles « DYS », sont des troubles neurodéveloppementaux qui touchent environ 6 à 8 % des enfants d’âge scolaire en France, selon les données de la Fédération Française des DYS (FFDys). Bien qu’ils ne soient pas liés à une déficience intellectuelle, ces troubles (dyslexie, dysphasie, dyscalculie, etc.) impactent durablement les apprentissages. Une prise en charge orthophonique efficace repose sur trois piliers fondamentaux : un repérage précoce, un diagnostic pluridisciplinaire coordonné et l’adaptation personnalisée des stratégies de rééducation au sein du parcours scolaire de l’enfant.

Quels sont les principaux troubles spécifiques du langage et des apprentissages chez l’enfant ?

C’est quoi, un trouble « dys » au juste ?

Les TSLA, ce sont ces troubles qui viennent brouiller les pistes du développement normal chez l’enfant, sans raison médicale évidente. Ils ne sont pas liés à une carence d’éducation, ni à un manque de volonté. Non, ils font juste partie de la carte génétique ou neurologique de certains cerveaux : câblés autrement, mais pas moins intelligents pour autant. Parmi eux :

  • Trouble Domaine impacté Signes d’alerte principaux
    Dyslexie Lecture et compréhension Lenteur, erreurs de décodage, confusion entre lettres proches (b/d, p/q).
    Dysorthographie Orthographe et grammaire Difficultés à mémoriser l’orthographe lexicale, fautes grammaticales persistantes.
    Dysphasie Langage oral Retard de parole, syntaxe pauvre, difficultés à structurer une phrase ou un récit.
    Dyscalculie Logique mathématique Difficultés à manipuler les nombres, comprendre les quantités ou réaliser des calculs.
    Dyspraxie Coordination motrice maladresse, difficultés à s’orienter, tâches nécessitant une coordination œil-main.
    Dysgraphie Écriture manuscrite Tracé illisible, lenteur excessive, fatigue lors de la production d’écrits.

Ces troubles peuvent en effet être isolés ou combinés, et c’est souvent là que ça se complique. On parle alors de TSLA pour désigner l’ensemble des troubles spécifiques du langage et des apprentissages, souvent repérés à l’école, dans une classe où l’enfant se retrouve vite en décalage avec ses camarades.

Est-ce une maladie ? Un handicap ? Une déficience intellectuelle ?

Mettons les pieds dans le plat : non, la dyslexie et les autres TSLA ne sont pas des maladies. Ce n’est pas contagieux, ça ne se soigne pas avec des antibiotiques, et non, ce n’est pas un problème d’intelligence. Les enfants « dys » n’ont pas de déficience intellectuelle : leur QI est souvent dans la norme, voire au-dessus. Leur fonction cognitive est intacte, mais certaines zones du cerveau fonctionnent autrement, disons, en mode créatif !

En revanche, les TSLA sont bien reconnus comme un handicap au sens de la loi (loi de 2005 sur l’égalité des droits). Ce qui veut dire que ces enfants ont droit à des aménagements, un bilan approfondi, et surtout une prise en charge adaptée.

Comment se déroule la prise en charge orthophonique des TSLA ?

Quand, qui, et comment consulter ?

En général, l’alerte vient de l’école : un enseignant qui observe un enfant qui rame plus que les autres. Mais les parents aussi peuvent remarquer des signes précoces : difficulté à retenir la façon de prononcer certains sons, à nommer les choses, à écrire son prénom ou à comprendre des consignes simples.

La première étape, c’est la consultation chez le médecin traitant, souvent le pédiatre. Lui seul peut prescrire un bilan orthophonique. Et c’est là que vous entrez en scène : en tant qu’orthophoniste, vous réalisez ce bilan, souvent très attendu par les familles, qui permet de poser un diagnostic ou d’orienter vers d’autres professionnels de santé si besoin.

Un point important : la prise en charge des TSLA ne se fait jamais en solo. Elle mobilise une équipe pluridisciplinaire (orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, neuropsychologue…), et ça, c’est crucial pour bien cerner le besoin de l’enfant.

Quelle place pour l’orthophoniste dans ce parcours ?

L’orthophoniste, c’est le référent du langage. Vous êtes celle ou celui qui traduit les signaux faibles en indices clairs, qui pose les mots là où l’enfant n’y arrive pas encore. Votre rôle, c’est de faire le pont entre le médical, le scolaire, et la sphère familiale.

Concrètement, vous intervenez sur des axes précis : conscience phonologique, compréhension orale et écrite, production de phrases, travail sur la fluidité (notamment en cas de bégaiement), aide à la structuration du discours… et vous adaptez le soin aux capacités réelles de l’enfant. Ni plus, ni moins. Votre posture, c’est celle de l’ajustement adapté, pas de la normalisation à tout prix.

La rentrée scolaire : un moment clé pour repérer les TSLA

La rentrée scolaire est souvent le premier moment où les TSLA deviennent vraiment visibles. Le retour en classe expose l’enfant à des exigences nouvelles et simultanées : lire, écrire, compter, suivre le rythme du groupe, comprendre des consignes orales complexes. C’est sous cette pression que les signes émergent ou s’intensifient  lenteur inhabituelle, difficultés à copier, écriture chaotique, langage hésitant, incapacité à retenir les sons ou les mots.

Les enseignants sont souvent les premiers à tirer la sonnette d’alarme, mais les parents aussi peuvent observer ces signaux à la maison : un enfant qui évite de lire à voix haute, qui pleure devant ses devoirs, ou qui n’arrive pas à écrire son prénom correctement malgré les efforts.

Pour l’orthophoniste, cette période est donc stratégique. Les signalements augmentent, les familles sont en alerte et motivées à agir. Une prise en charge initiée rapidement à ce moment-là  plutôt qu’après plusieurs mois d’attente et d’échecs accumulés change durablement la trajectoire de l’enfant. C’est aussi l’occasion de renforcer le lien avec les équipes éducatives, qui jouent un rôle clé dans le suivi au quotidien.

Quelles stratégies pour aider les enseignants à accompagner les élèves avec des troubles du langage ?

Mieux comprendre pour mieux adapter

Les enseignants sont souvent démunis face aux troubles « invisibles ». Ce n’est pas qu’ils manquent de bonne volonté, mais on ne leur a pas toujours donné les clés pour comprendre. En tant qu’orthophoniste, vous pouvez jouer un rôle de formateur de terrain : expliquer ce qu’est un TSLA, en quoi cela impacte la vie de classe, et comment on peut adapter sans trop bouleverser le fonctionnement général.

Voici quelques ajustements simples mais efficaces :

  • Allonger les temps de réponse ou de copie,
  • Utiliser des supports visuels,
  • Ne pas faire lire à voix haute sans préparation,
  • Souligner les fautes d’orthographe dans les évaluations sans forcément les sanctionner,
  • Proposer des consignes claires et segmentées.

Tout ça, ce sont des coups de pouce qui changent tout pour l’enfant… sans pour autant bouleverser toute la classe !

Instaurer une vraie collaboration école-famille-soin

Une des grandes forces de la prise en charge des TSLA, c’est la co-construction. Pas question de laisser l’école, la famille, ou le monde du soin bosser chacun de son côté. Le triptyque gagnant, c’est enseignant + parent + professionnel de santé, tous collaborant autour de la table. Et devinez qui peut jouer le rôle de trait d’union ? Bingo : l’orthophoniste.

Organiser une réunion avec l’enseignant, les parents, et parfois même le médecin ou l’ergothérapeute, ça permet de fixer un cap commun, d’éviter les doublons ou les malentendus, et surtout de donner à l’enfant une vraie cohérence dans son parcours.

Un mot d’ordre : clarté, communication, organisation et bienveillance. Parce que le vrai besoin, c’est celui de l’enfant. Et chaque acteur a sa place dans cette belle aventure.

Conclusion : qu’est-ce qu’on retient sur les TSLA ?

Les TSLA sont des troubles neurodéveloppementaux qui nécessitent un repérage précoce et une prise en charge coordonnée. L’orthophoniste joue un rôle central dans ce parcours : du bilan diagnostic jusqu’à la rééducation, en passant par le lien avec l’école et la famille. Plus le trouble est identifié tôt, plus les stratégies d’accompagnement sont efficaces et durables

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