Le SMIC est passé à 12,31 € brut de l’heure au 1er juin 2026, une hausse de 2,41 %. Une bonne nouvelle pour les bas salaires, mais un signal d’alarme pour les orthophonistes salariés du secteur médico-social : la FNO alerte sur des grilles de rémunération gelées depuis des années, qui ne suivent plus l’évolution du salaire minimum.
Ce qui change au 1er juin 2026
La revalorisation officielle du SMIC porte le taux horaire brut de 12,02 € à 12,31 €, soit un SMIC mensuel brut de 1 867,02 € sur une base de 35 heures hebdomadaires. Une hausse mécanique, appliquée deux fois par an ou en cas d’inflation, qui percute directement les grilles salariales des conventions collectives dont les minima n’ont pas été renégociés depuis longtemps.
Pourquoi la convention CCN66 est particulièrement concernée
Les orthophonistes salariés du secteur médico-social relèvent le plus souvent de la convention collective CCN66. Or, selon la FNO, plusieurs échelons de cette grille sont aujourd’hui obsolètes : certains coefficients aboutissent à une rémunération théorique inférieure au nouveau SMIC, ce qui est illégal.
Ce n’est pas un vide juridique : l’article L.2241-10 du Code du travail impose la réouverture de négociations salariales de branche dès que le salaire minimum conventionnel des salariés non qualifiés passe sous le SMIC. Et la CCN66 n’est pas isolée : d’après les dernières analyses de branches professionnelles, environ 126 conventions collectives sur 179 se retrouvent dans cette situation après la revalorisation de juin, soit près de 70 % d’entre elles.
Un diplôme bac+5 de moins en moins valorisé
Le chiffre qui inquiète le plus la FNO, c’est l’érosion progressive de l’écart entre le salaire d’un orthophoniste salarié débutant et le SMIC :
- En 2020 : un orthophoniste salarié démarrait sa carrière avec une rémunération supérieure de 17,7 % au SMIC.
- En juin 2026 : cet écart n’est plus que de 1,7 %, pour un diplôme validé à bac+5.
Concrètement, cinq années d’études supérieures, un mémoire, un diplôme d’État, ne pèsent quasiment plus rien face au salaire minimum légal. La FNO en appelle à une revalorisation substantielle des coefficients pour l’ensemble du personnel médico-social, orthophonistes compris.
Aucune négociation de branche n’a encore abouti à ce jour. La FNO réclame que les discussions à venir portent une ambition politique claire, avec une revalorisation réelle des coefficients, et pas seulement un simple ajustement technique pour rester légal.
Salariat ou libéral : un arbitrage qui prend un relief particulier
Ce gel des grilles salariales relance, de fait, une question que beaucoup d’orthophonistes se posent tôt dans leur carrière. Si vous hésitez entre les deux modes d’exercice, notre comparatif orthophoniste libéral, salarié ou mixte détaille les critères à prendre en compte, et notre article sur les charges sociales en libéral vs en salariat permet de comparer les deux régimes au-delà du seul salaire brut affiché. Pour ceux qui envisagent l’installation, notre guide sur le salaire d’un orthophoniste libéral en 2026 donne des repères chiffrés côté exercice indépendant.
Ce qu’il faut retenir
La hausse du SMIC au 1er juin 2026 met en lumière un problème structurel plus large que le seul cas des orthophonistes : des grilles de rémunération qui ne suivent plus le rythme des revalorisations du salaire minimum, dans un secteur médico-social où les tensions de recrutement sont déjà fortes. Les négociations de branche à venir seront à surveiller de près, notamment pour les orthophonistes qui hésitent entre salariat et exercice libéral.
Questions fréquentes
De combien le SMIC a-t-il augmenté au 1er juin 2026 ?
De 2,41 %, passant de 12,02 € à 12,31 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € brut mensuel sur une base de 35 heures.
Pourquoi les orthophonistes salariés du médico-social sont-ils concernés ?
Parce qu’ils relèvent le plus souvent de la convention collective CCN66, dont plusieurs échelons n’ont pas été revalorisés depuis longtemps et se retrouvent aujourd’hui sous le seuil légal du SMIC.
Une renégociation de la grille salariale est-elle obligatoire ?
Oui. L’article L.2241-10 du Code du travail impose la réouverture de négociations salariales de branche dès que le minimum conventionnel des non-qualifiés passe sous le SMIC.

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